DROIT DE RÉPONSE : COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE L’ASSOCIATION ALUDHAY
ROSERAIE DE
L’HAŸ-LES-ROSES et DU VAL-DE-MARNE
La Cour d’Appel Administrative de Paris a rendu son arrêt le 1er octobre
sur le recours déposé par ALUDHAY et l’association PATRIMOINE
ENVIRONNEMENT, demandant
l’annulation du Permis de Construire de l’opération Roseraie, opération
immobilière privée de 94 logements de luxe, signé par le maire de l’Haÿ les
Roses en juillet 2019. La Cour a rejeté ce recours et a condamné les
associations à payer 3 000€.
Dans le même jugement, la Cour a également rejeté les deux recours du
département du Val-de-Marne contre les permis de construire Roseraie et
Tournelles.
Le maire de la ville, ayant jugé bon de faire publier des
déclarations qui ne sont qu’un copié collé des écrits de son promoteur
EMERIGE, appuyé de propos politiciens parfaitement hostiles et déplacés, nous
nous devons d’apporter un éclairage simple aux habitants de l’Haÿ-les-Roses et
du département, qui attendaient avec inquiétude les décisions qui allaient
permettre ou non de sauver l’environnement du vieux centre bourg, le square
Allende et, par là-même, la Roseraie Monument Historique vivant, conservatoire
unique au monde de roses anciennes.
Depuis 4 ans, face à l’intransigeance du maire qui rejette tout échange
constructif sur ses projets qui engagent la ville pour des décennies, l’association
ALUDHAY, mène un combat contre le projet actuel, avec l’appui de citoyens extrêmement
divers dont le point commun est le souci de l’environnement et du patrimoine
exceptionnel que représente la Roseraie.
Près de 20.000 personnes ont à ce jour signé les pétitions locales et
sur Internet pour la sauvegarde de la Roseraie.
Les élus de l’opposition municipale, qui ont globalement réuni 45% des
voix des L’Haÿssiens, avaient des programmes clairement opposés à ces projets,
et mènent de leur côté leur combat, de façon indépendante et autonome par
rapport à notre association.
Dans leur recours de près de 200 pages, ALUDHAY
et Patrimoine Environnement ont dénoncé les bouleversements écologiques
désastreux et irréversibles qu’entrainera l’opération Roseraie, non seulement
pour les collections de roses mais également pour l’équilibre environnemental
du coteau Ouest de l’Haÿ-les-Roses.
L’architecte
des Bâtiments de France avait motivé son Avis défavorable initial : « L’implantation de constructions à 12 m du mur de la
Roseraie porte atteinte à la conservation et à la mise en valeur du parc,
monument historique exceptionnel et unique en son genre. Les abords (le square
Allende) constituent l’écrin de ce monument historique. Par conséquent, le
gabarit élevé et l’aspect des constructions proposées dans le projet impactent
le parc à proximité immédiate. De ce fait, le projet devra tenir compte du
contexte urbain et paysager existant afin notamment de ne pas constituer une
concurrence visuelle trop forte avec le monument historique. »
Son avis a
été cassé par le préfet de région à la suite d’un recours du maire portant
exclusivement sur le traitement de la bande de 12m séparant les bâtiments du
mur d’enceinte de la Roseraie. Moins de la moitié des modifications demandées par
l’ABF pour que le projet soit « rendu acceptable » ont été prises en
compte. La Cour d’Appel n’en a cependant tenu aucun compte ! Ainsi la
rapporteure publique a déclaré : « Effectivement,
avant, il n’y avait pas de constructions, mais le retrait obtenu (12 m au lieu
de 8 m) permet d’atténuer un peu l’impact visuel… Nous estimons que cela ne
représente pas d’atteinte au Monument historique… ».
Des études
de scientifiques ont montré le caractère catastrophique de ce projet pour
la survie de la Roseraie : création d’importants îlots de Chaleur très
insuffisamment compensés, création d’une covisibilité pendant au moins 20 ou 25
ans entre la Roseraie et cette résidence, risques de pollution de la Roseraie
par parasites se développant dans la haie de protection que prévoit le
projet, perturbation des mouvements d’air renvoyés sur la Roseraie par les
bâtiments, perturbations visuelles des perceptions des visiteurs, graves
perturbations de la nappe phréatique consécutives aux deux niveaux de parking
souterrains du projet et à la minéralisation des sols, disparition d’un espace
vert (aisément perfectible), dernier square important non détruit à ce
jour sur la ville.
L’autorité
environnementale qui apprécie la qualité de l‘Étude d’Impact (MRAe) a demandé
quantité d’études et réponses techniques détaillées complémentaires, qui n’ont
pas été réalisées.
Ce qui n’a
pas empêché le maire, signataire du permis, de déclarer lui-même le dossier complet, et
la rapporteure publique de balayer les inquiétudes de la MRAe !
A l’heure
des manifestations dramatiques du dérèglement climatique, et alors que de de
plus en plus de scientifiques, d’urbanistes, de personnalités publiques et de
simples citoyens s’engagent pour des projets durables, ici, à l’Haÿ les Roses,
on en est encore à abattre les arbres pour construire et minéraliser les
sols !
La rapporteure
de la Cour d’Appel, théoriquement impartiale et neutre, s’est même permise de
justifier le projet : « Nous sommes
en zone urbaine et il est normal de construire des logements. Ce petit ensemble R+3, sobre et de
facture classique s’intégrera parfaitement dans l’environnement proche ».
Et la
suppression d’un square ? Et la protection de la Roseraie ? Et l’avis
de la présidente Europe de la Fédération mondiale des Roses, qui déclare :
« Ce projet est un scandale historique… » ? Et l’avis de l’architecte
du patrimoine qui a réhabilité l’église saint Léonard et, qui pour bien connaitre
le site, a écrit à sa consœur Architecte des Bâtiments de France pour
l’exhorter à refuser ce projet : « il va
anéantir les vestiges évocateurs du hameau rural de l’ancien château des
Tournelles, jusqu’au tracé médiéval de ses rues : une atteinte
irréversible à la mémoire historique de la ville puisque sont regroupés là les
racines les plus profondes et les marqueurs identitaires les plus
reconnaissables de la ville ».
Face à l’aveuglement du maire quant
aux irréparables conséquences environnementales et patrimoniales de son projet,
face à son mépris pour une réelle concertation, face à sa caricaturisation
outrancière de nos arguments, nous ne pouvons que poursuivre une action en
justice.
En toute indépendance, nous
poursuivrons également nos interventions d’information, de mobilisation et de
collecte de fonds auprès des citoyens, pour beaucoup scandalisés par les
affirmations péremptoires et fausses du maire de la ville.