jeudi 15 octobre 2020

Communiqué de presse du 8 octobre 2020

DROIT DE RÉPONSE :  COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE L’ASSOCIATION ALUDHAY

ROSERAIE DE L’HAŸ-LES-ROSES et DU VAL-DE-MARNE

La Cour d’Appel Administrative de Paris a rendu son arrêt le 1er octobre sur le recours déposé par ALUDHAY et l’association PATRIMOINE ENVIRONNEMENT, demandant l’annulation du Permis de Construire de l’opération Roseraie, opération immobilière privée de 94 logements de luxe, signé par le maire de l’Haÿ les Roses en juillet 2019. La Cour a rejeté ce recours et a condamné les associations à payer 3 000€.

Dans le même jugement, la Cour a également rejeté les deux recours du département du Val-de-Marne contre les permis de construire Roseraie et Tournelles.

Le maire de la ville, ayant jugé bon de faire publier des déclarations qui ne sont qu’un copié collé des écrits de son promoteur EMERIGE, appuyé de propos politiciens parfaitement hostiles et déplacés, nous nous devons d’apporter un éclairage simple aux habitants de l’Haÿ-les-Roses et du département, qui attendaient avec inquiétude les décisions qui allaient permettre ou non de sauver l’environnement du vieux centre bourg, le square Allende et, par là-même, la Roseraie Monument Historique vivant, conservatoire unique au monde de roses anciennes.

Depuis 4 ans, face à l’intransigeance du maire qui rejette tout échange constructif sur ses projets qui engagent la ville pour des décennies, l’association ALUDHAY, mène un combat contre le projet actuel, avec l’appui de citoyens extrêmement divers dont le point commun est le souci de l’environnement et du patrimoine exceptionnel que représente la Roseraie.

Près de 20.000 personnes ont à ce jour signé les pétitions locales et sur Internet pour la sauvegarde de la Roseraie.

Les élus de l’opposition municipale, qui ont globalement réuni 45% des voix des L’Haÿssiens, avaient des programmes clairement opposés à ces projets, et mènent de leur côté leur combat, de façon indépendante et autonome par rapport à notre association.

 

Dans leur recours de près de 200 pages, ALUDHAY et Patrimoine Environnement ont dénoncé les bouleversements écologiques désastreux et irréversibles qu’entrainera l’opération Roseraie, non seulement pour les collections de roses mais également pour l’équilibre environnemental du coteau Ouest de l’Haÿ-les-Roses.  

L’architecte des Bâtiments de France avait motivé son Avis défavorable  initial « L’implantation de constructions à 12 m du mur de la Roseraie porte atteinte à la conservation et à la mise en valeur du parc, monument historique exceptionnel et unique en son genre. Les abords (le square Allende) constituent l’écrin de ce monument historique. Par conséquent, le gabarit élevé et l’aspect des constructions proposées dans le projet impactent le parc à proximité immédiate. De ce fait, le projet devra tenir compte du contexte urbain et paysager existant afin notamment de ne pas constituer une concurrence visuelle trop forte avec le monument historique. »

Son avis a été cassé par le préfet de région à la suite d’un recours du maire portant exclusivement sur le traitement de la bande de 12m séparant les bâtiments du mur d’enceinte de la Roseraie. Moins de  la moitié des modifications demandées par l’ABF pour que le projet soit « rendu acceptable » ont été prises en compte. La Cour d’Appel n’en a cependant tenu aucun compte ! Ainsi la rapporteure publique a déclaré : « Effectivement, avant, il n’y avait pas de constructions, mais le retrait obtenu (12 m au lieu de 8 m) permet d’atténuer un peu l’impact visuel… Nous estimons que cela ne représente pas d’atteinte au Monument historique… ».

Des études de scientifiques ont montré le caractère catastrophique de ce projet pour la survie de la Roseraie : création d’importants îlots de Chaleur très insuffisamment compensés, création d’une covisibilité pendant au moins 20 ou 25 ans entre la Roseraie et cette résidence, risques de pollution de la Roseraie par parasites se développant dans la haie de protection  que prévoit le projet, perturbation des mouvements d’air renvoyés sur la Roseraie par les bâtiments, perturbations visuelles des perceptions des visiteurs, graves perturbations de la nappe phréatique consécutives aux deux niveaux de parking souterrains du projet et à la minéralisation des sols, disparition d’un espace vert (aisément  perfectible), dernier square important non détruit à ce jour sur la ville.

L’autorité environnementale qui apprécie la qualité de l‘Étude d’Impact (MRAe) a demandé quantité d’études et réponses techniques détaillées complémentaires, qui n’ont pas été réalisées.

Ce qui n’a pas empêché le maire, signataire du permis, de déclarer lui-même le dossier complet, et la rapporteure publique de balayer les inquiétudes de la MRAe !

A l’heure des manifestations dramatiques du dérèglement climatique, et alors que de de plus en plus de scientifiques, d’urbanistes, de personnalités publiques et de simples citoyens s’engagent pour des projets durables, ici, à l’Haÿ les Roses, on en est encore à abattre les arbres pour construire et minéraliser les sols !

La rapporteure de la Cour d’Appel, théoriquement impartiale et neutre, s’est même permise de justifier le projet : « Nous sommes en zone urbaine et il est normal de construire des logements. Ce petit ensemble R+3, sobre et de facture classique s’intégrera parfaitement dans l’environnement proche ».

Et la suppression d’un square ? Et la protection de la Roseraie ? Et l’avis de la présidente Europe de la Fédération mondiale des Roses, qui déclare : « Ce projet est un scandale historique… » ? Et l’avis de l’architecte du patrimoine qui a réhabilité l’église saint Léonard et, qui pour bien connaitre le site, a écrit à sa consœur Architecte des Bâtiments de  France pour l’exhorter à refuser ce projet :  « il va anéantir les vestiges évocateurs du hameau rural de l’ancien château des Tournelles, jusqu’au tracé médiéval de ses rues : une atteinte irréversible à la mémoire historique de la ville puisque sont regroupés là les racines les plus profondes et les marqueurs identitaires les plus reconnaissables de la ville ».

Face à l’aveuglement du maire quant aux irréparables conséquences environnementales et patrimoniales de son projet, face à son mépris pour une réelle concertation, face à sa caricaturisation outrancière de nos arguments, nous ne pouvons que poursuivre une action en justice.

En toute indépendance, nous poursuivrons également nos interventions d’information, de mobilisation et de collecte de fonds auprès des citoyens, pour beaucoup scandalisés par les affirmations péremptoires et fausses du maire de la ville.

 

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